GUIDE ISOLATION : comment connaître les performances de l'isolation phonique ?

Avant de se lancer dans un projet d’isolation phonique, il est important de connaître les paramètres qui vous permettront d’apprécier les différences de performance entre les isolants. Ces paramètres vont guider votre choix en fonction de votre budget, de vos besoins et des performances que vous souhaitez atteindre.

Les différents indicateurs de performance acoustique

L’indice d’affaiblissement acoustique

De symbole Rw, cette notion qui se calcule en dB ou décibel renseigne sur l’impact d’un isolant sur les bruits aériens. Les bruits aériens sont des bruits dus à l’environnement comme les bruits du trafic routier et des avions et transmissibles par l’air. Il peut aussi s’agir de bruits produits à l’intérieur même de l’habitation et qui se propagent grâce à l’air mais aussi grâce aux séparations entre les pièces (le poids des cloisons joue contre la transmission des bruits tandis que la présence de trous par exemple joue en sa faveur). Plus l’indice d’affaiblissement acoustique d’un isolant est important et meilleure sera sa performance acoustique vis-à-vis des bruits aériens.

L’indice d’efficacité aux bruits de choc

Les bruits de choc se transmettent par vibration car lorsqu’une paroi reçoit un choc, elle se met à vibrer ce qui provoque du bruit. Des exemples de ces bruits sont les bruits de pas, les bruits de pluie contre la toiture, les bruits dus à des déplacements de meubles ou encore les bruits de chutes d’objets. Les différents équipements d’une habitation (ventilation mécanique, robinetterie, etc.) produisent également ce genre de bruits.

Si la réduction des bruits des équipements dépend de leur choix (niveau sonore indiqué par le fabricant) et de leur emplacement (à proximité ou non des cloisons), la réduction des autres bruits dépend de l’isolant acoustique choisi. C’est justement l’indice d’efficacité aux bruits de choc symbolisé par ΔLw et également calculé en dB qui permet de savoir dans quelle mesure un matériau isolant réduit les bruits de choc. Plus cet indice est grand et plus l’isolation face aux bruits de choc sera importante.

Le coefficient d’absorption acoustique

Il s’agit d’un cnombre compris entre 0 et 1 qui indique dans quelle mesure un matériau isolant peut contenir l’énergie d’une onde sonore. La performance d’un matériau en la matière est de plus en plus importante à mesure que cet indicateur se rapproche de 1.

Comment fixer les performances acoustiques à atteindre ?

Il est bien connu que le décibel est l’unité utilisée pour mesurer les volumes sonores. Toutefois, pour tenir compte de la sensibilité d’une personne aux bruits environnementaux, c’est le décibel A ou dB (A) qui est utilisé. Cette unité est considérée comme plus pertinente pour estimer le niveau sonore dans une habitation même si la réglementation s’appuie sur le dB. Cela revient au fait qu’une diminution sonore de quelques décibels peut induire une énorme différence de perception. On estime que pour atteindre un certain confort sonore, un niveau sonore de 35 dB (A) est à respecter.

Le dB reste une unité très répandue surtout chez les fabricants de matériaux isolants. Il est recommandé de faire un diagnostic acoustique avec l’aide d’un professionnel pour fixer les objectifs de l’isolation phonique. Une fois l’objectif fixé, il est recommandé de se fixer des objectifs supérieurs de 5 dB car les performances indiquées sur un matériau isolant sont celles mesurées dans des conditions de laboratoire et elles peuvent différer des performances réelles.

Les différents isolants phoniques

Les laines minérales

Les laines minérales comme la laine de verre, la laine de roche et le verre cellulaire sont connus pour leurs performances thermiques mais ce sont aussi de bons isolants phoniques. Ces laines sont d’autant plus avantageuses qu’elles sont très abordables.

Toiture végétalisée

La toiture végétalisée sert essentiellement à améliorer les performances thermiques et phoniques de l’isolation de la toiture mais ne peut être utilisée seule pour assurer cette isolation. Elle est envisageable aussi bien sur des toits plats que légèrement inclinés et présente un vrai atout esthétique pour l’habitation. Il faut par ailleurs que la charpente du toit soit suffisamment résistante. Le tapis vert est à déposer sur une couche de bois imputrescible. Il faut compter entre 45 et 100 €/m² pour la mise en place d’une toiture végétalisée.

Les matériaux naturels

Dans cette famille, trois matériaux se démarquent par leurs performances phoniques et thermiques élevées : la ouate de cellulose, la fibre de bois et la fibre de coco. Les deux premiers sont très couramment utilisés, le troisième est un peu moins connu. Il est présent sous différentes formes mais on l’utilise sous forme de feutre pour l’isolation phonique. La fibre de coco est souvent associée au liège dans des panneaux isolants et agit aussi bien contre les bruits aériens que les bruits d’impact. Le liège, les fibres de lin, la laine de coton et la paille sont tous de bons isolants phoniques.

On trouve également dans cette famille de matériaux, le torchis qui est un mélange obtenu à partir de paille, de terre et d’eau. Il s’utilise comme enduit sur une ossature en bois. Si on augmente la proportion de paille dans le mélange, on obtient un torchis plus performant sur le plan acoustique. Il permet aussi de réduire la sensibilité de l’habitation à l’humidité. Ses performances thermiques sont assez moyennes.

Les isolants d’origine animale comme les plumes de canard et la laine de mouton présentent de bonnes performances acoustiques. Les deux isolants agissent surtout contre les bruits aériens. Les plumes de canard sont inflammables et doivent donc subir un traitement spécifique. La laine de mouton subit de multiples traitements du fait de sa vulnérabilité aux mites, à la moisissure et au feu. Elle est surtout recommandée pour isoler des combles perdus.

La perlite

Il s’agit d’un matériau isolant issu d’une roche volcanique ayant des performances thermiques acceptables et de bonnes performances phoniques. Assez coûteux comme matériau, sa durabilité et sa résistance peuvent justifier l’investissement.

La vermiculite

La vermiculite possède des performances thermiques tout juste moyennes mais elle agit par contre efficacement contre les bruits d’impact et les bruits aériens. À l’instar de la perlite, il s’agit d’un matériau extrêmement résistant mais la vermiculite est bien plus abordable. Le matériau est imputrescible et résiste très bien aux attaques des rongeurs et insectes.

L’argile expansée

L’argile expansée a des performances thermiques relativement mauvaises mais convient pour limiter à la fois les bruits aériens et d’impact. Ce matériau est bon marché tout en offrant une durabilité et une résistance élevées.

Mousse phénolique

La mousse phénolique réunit de nombreuses qualités, c’est :

  • un matériau très léger,
  • un matériau faiblement inflammable,
  • un très bon isolant thermique,
  • un bon isolant phonique.

Son principal défaut est sa sensibilité à l’humidité. On la trouve sous forme de panneaux à poser notamment au niveau de la toiture.

Les aérogels

L’aérogel est similaire à un gel sauf que la partie liquide est remplacée par un gaz ce qui en fait le matériau le plus léger connu à ce jour. Selon sa composition, ses performances thermiques et phoniques sont extrêmement élevées mais son coût de production est tout aussi élevé. Encore très peu présent sur le marché, c’est sans doute un matériau sur lequel il faudra compter dans les années à venir.

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